REP emballages : ce qui s'applique à une boîte métal
Selon le ministère de la Transition écologique, environ 12,5 millions de tonnes d'emballages sont mis en marché chaque année en France, dont 7 millions par les professionnels.
La responsabilité élargie des producteurs (REP) impose à celui qui met un produit emballé sur le marché de financer la gestion du déchet d'emballage : collecte, tri, recyclage, réemploi. Il transfère cette obligation à un éco-organisme agréé, auquel il déclare ses emballages et verse une éco-contribution.
Une boîte métal n'échappe pas à la règle, qu'il s'agisse d'une boîte de thé, d'un pot de crème en aluminium ou d'un coffret de spiritueux. La filière REP des emballages ménagers existe depuis 1992, et la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 10 février 2020 a étendu le principe aux emballages professionnels, y compris industriels et commerciaux.
Thé, cosmétique ou encre offset : quelle filière pour votre boîte ?
Le décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025 fixe la frontière : un emballage ménager est celui d'un produit consommé ou utilisé par les ménages, ou susceptible de l'être, tout autre emballage étant professionnel. C'est donc l'utilisateur final du produit, et non le métal ni le fabricant, qui détermine la filière.
Appliquée aux univers de Desjardin, la règle donne une lecture assez claire :
- Boîtes à thé, à café, à épices, confiserie, chocolat, biscuits, coffrets spiritueux : filière des emballages ménagers, déclarée à Citeo, Adelphe ou Léko.
- Pots et boîtes cosmétiques en aluminium, vendus en boutique ou en ligne aux particuliers : filière ménagère également.
- Boîtes de la gamme animaux, dès lors que le produit est vendu aux particuliers : filière ménagère.
- Boîtes pour encres offset destinées aux imprimeurs : filière des emballages professionnels, portée par Citeo Pro, Léko Pro ou Twiice.
Les cas mixtes existent : une même boîte à thé peut relever des deux filières si la marque la vend à la fois en boutique et à des hôtels ou restaurants. Un arrêté du 2 décembre 2025 précise le classement des emballages utilisés à la fois par les ménages et les professionnels.
Qui déclare la boîte : la marque ou Desjardin ?
Le ministère le rappelle : pour les emballages de vente, le producteur est le fabricant, l'importateur ou le distributeur du produit emballé, c'est-à-dire l'entreprise qui conditionne le produit sous son nom. Pour une boîte à épices, un pot de crème ou une boîte d'encre, c'est donc en principe la marque qui remplit la boîte qui la déclare, pas Desjardin qui l'a fabriquée vide.
Le raisonnement est le même lorsque la marque commande uniquement des couvercles personnalisés à Desjardin, une option proposée sur le site : c'est en principe l'emballage complet, tel qu'il est mis sur le marché, qui se déclare. Les marques de distributeur ont par ailleurs désormais le statut de producteur.
Pour les emballages de transport, de service et de production primaire, en revanche, le producteur est le fabricant de l'emballage. Ce cas concerne peu les boîtes de vente fabriquées par Desjardin, mais il rappelle que la définition européenne du producteur, issue du règlement (UE) 2025/40, s'applique désormais à toute la chaîne.
Fer blanc ou aluminium : deux lignes distinctes dans la déclaration
Pour les emballages ménagers, Citeo calcule l'éco-contribution à partir d'une part au poids, par matériau, et d'une part à l'unité, par unité de vente consommateur (UVC). La déclaration s'effectue chaque année entre janvier et février, dans l'espace client de l'entreprise.
Le métal de la boîte détermine la ligne déclarée. Le fer blanc, feuille d'acier revêtue d'étain, se déclare en acier ; l'aluminium a sa propre ligne et son propre tarif au kilo. Une boîte rectangulaire Desjardin en fer blanc et une boîte ronde twist-off en aluminium ne pèsent donc pas de la même façon dans la déclaration, même à usage équivalent.
Le choix du métal reste d'abord technique : l'aluminium pour les produits exposés à l'humidité, cosmétique ou alimentaire humide, car il ne rouille pas ; le fer blanc pour les formats plus grands et les produits sans contrainte d'humidité, car il est plus rigide. La REP ne remplace pas ce critère, mais elle fait du poids de chaque composant une donnée à connaître dès la conception.
Fermetures et options : chaque élément se retrouve dans la déclaration
La déclaration Citeo compte aussi le nombre d'éléments d'emballage par UVC et le poids de chaque matériau. La construction de la boîte a donc un effet direct sur les données à fournir :
- Couvercle coiffant, vissant, twist-off ou bord à bord en métal : la boîte reste mono-matériau, acier ou aluminium.
- Plastique intérieur : ajoute un élément et un matériau plastique à déclarer.
- Fenêtre transparente : elle met le produit en valeur en rayon, et ajoute elle aussi un matériau.
Il ne s'agit pas de renoncer à ces options, utiles pour certains produits, mais de les choisir en connaissance de cause. Une boîte tout métal reste la construction la plus simple à déclarer et à trier : l'acier se sépare par tri magnétique et l'aluminium par courants de Foucault dans les centres de tri.






